Le yoga a une relation ancienne avec l'alimentation. Dans la tradition, on parle d'Ahimsa — la non-violence — comme principe fondateur. Ne pas nuire. Aux autres, à soi, à ce qui nous entoure.
C'est de là que vient l'idée d'une alimentation yogique. Pas d'un régime. Pas d'une liste d'aliments interdits. D'une intention.
En 2017, j'ai commencé à réduire ma consommation de viande. Pas du jour au lendemain — progressivement. D'abord deux repas par semaine, puis les dîners, puis l'année entière végétarienne.
C'était une décision pour limiter mon empreinte carbone. Pas une conversion spirituelle, pas un mouvement idéologique. Juste une façon de faire ma part, à mon échelle.
Il y a eu des fluctuations. Mon fils a développé de nombreuses allergies pendant son allaitement — protéines végétales, soja, gluten, oléagineux. J'ai dû réintégrer viande et poisson pendant cette période, parce que son corps en avait besoin via le mien. On fait avec ce qu'on a.
Depuis 2025, je suis végétalienne. Et je suis flexible. Si au restaurant mes enfants ne finissent pas leur assiette, je mange ce qui reste plutôt que de le jeter. Parce que gaspiller, ce n'est pas non plus respecter le vivant.
Je ne suis pas parfaite. Je ne suis pas exemplaire. Je fais de mon mieux, dans le respect de la vie — pour tous, sur cette terre.
Ce n'est pas nécessairement végétarien. Ce n'est pas une étiquette.
C'est une façon d'être attentive à ce qu'on met dans son corps — d'où ça vient, comment c'est produit, ce que ça fait à notre énergie, à notre digestion, à notre clarté mentale.
La tradition yogique distingue trois types d'aliments :
Les aliments sattviques — légers, purs, nourrissants. Fruits, légumes, céréales complètes, légumineuses, noix. Ils soutiennent la clarté d'esprit et l'énergie stable.
Les aliments rajasiques — stimulants, activateurs. Café, épices fortes, aliments très salés ou très sucrés. Pas mauvais en soi, mais à consommer avec conscience.
Les aliments tamasiques — lourds, alourdissants. Aliments ultra-transformés, viande en excès, alcool. Ceux qui laissent une sensation de lourdeur après le repas.
Ce cadre n'est pas une règle à suivre à la lettre. C'est une boussole.
Quand je mange léger avant un cours, je bouge mieux. Quand je mange trop lourd la veille, je le sens dans le corps le lendemain matin.
Ce n'est pas une théorie. C'est une observation.
Le corps ne ment pas sur ce qui le nourrit vraiment. Il faut juste apprendre à l'écouter — ce que la pratique du yoga, justement, développe avec le temps.
Je ne te dirai pas ce qu'il faut manger. Je ne suis pas diététicienne.
Je te dirai juste que l'alimentation et le yoga partagent la même logique : l'attention portée à ce qu'on fait, pourquoi on le fait, et comment ça nous affecte.
Manger yogique, au fond, c'est manger avec conscience. À ta façon, à ton rythme, avec tes contraintes. Sans perfection. Avec l'intention d'aller dans le bon sens.
C'est déjà beaucoup.
Par Aline Talbaut — Éclats de Yoga