C'est une question qui mérite une réponse honnête.
Pas de posture, pas de marketing. Juste ce que je pense vraiment sur le sujet.
Des mantras. Des chakras. Et parfois, les Yoga Sutras de Patanjali.
Alors pourquoi est-ce que je dis que je n'enseigne pas le yoga spirituel ?
Parce que la façon dont je transmets ces éléments compte autant que les éléments eux-mêmes.
Quand je parle de chakras en cours, je les aborde pour ce qu'ils sont concrètement : des centres énergétiques qui correspondent à des zones du corps, des plexus nerveux, des concentrations de terminaisons.
Pas des portails vers une dimension supérieure. Pas une cosmologie que je maîtrise de l'intérieur.
Ce cadre me permet de les utiliser comme outils réels — pour diriger l'attention, pour comprendre ce qui se passe dans le corps — sans prétendre à une autorité spirituelle que je n'ai pas.
Oui, je chante un mantra en fin de cours.
Parce que la vibration du son a un effet réel (et selon mes élèves j'ai une jolie voix) sur le système nerveux. Parce que ça crée une clôture, un moment de transition entre la pratique et le retour au quotidien. Parce que ça fonctionne.
Mais je ne l'habille pas d'une signification dont je serais la gardienne. Je le transmets pour ce qu'il fait, pas pour ce qu'il représente dans une tradition que je n'ai pas reçue.
Quand j'aborde la philosophie yogique, je m'appuie sur les Yoga Sutras. Ce texte fondateur dit des choses précises, profondes, d'une clarté remarquable.
Je transmets ce qu'il dit. Pas mon interprétation. Pas une version occidentalisée adaptée à ce que mon public a envie d'entendre.
Parce que Patanjali n'a pas besoin de moi pour être amélioré.
Je ne suis pas indienne. Je ne suis jamais allée en Inde. Je n'ai pas été formée par un maître yogi qui m'aurait transmis quelque chose de vivant, d'incarné, d'authentique dans cette tradition.
Alors habiller mes cours d'une spiritualité yogique dont je ne serais pas la dépositaire légitime — inventer des interprétations, mélanger les références, créer un syncrétisme à ma sauce — ce serait de l'appropriation culturelle.
Ce serait insulter les maîtres indiens dont les connaissances méritent mieux qu'une version approximative transmise par une Française qui n'a jamais mis les pieds en Inde.
Mon yoga est ancré dans le corps, dans la physiologie, dans ce que je connais vraiment. Quand j'utilise des outils issus de la tradition — mantras, chakras, philosophie — je les transmets pour ce qu'ils font concrètement, et tels qu'ils ont été écrits par ceux qui les ont pensés.
Pas plus. Pas moins.
Ce n'est pas du yoga traditionnel. C'est du yoga honnête.
Par Aline Talbaut — Éclats de Yoga